Un soir de semaine, boulevard Voltaire, une odeur de pain chaud et de fromage fondu s’échappe par une porte entrouverte. À l’intérieur de Chez Magda, une table commande le khachapuri adjaruli — cette barque de pâte dorée avec un jaune d’œuf coulant au centre — et le silence se fait quelques secondes autour d’elle quand l’assiette arrive. C’est ce genre de moment qui explique pourquoi la cuisine géorgienne fidélise aussi vite.
Paris compte désormais une dizaine d’adresses géorgiennes sérieuses, réparties du 2e au 19e arrondissement. Certaines misent sur la tradition brute, d’autres sur l’ambiance festive ou l’assiette travaillée. Voici sept restaurants qui valent le déplacement, avec ce qui rend chacun distinct.
Chez Magda (11e) : la référence traditionnelle du boulevard Voltaire
C’est l’adresse la plus complète de la sélection pour qui veut une immersion totale. Le menu déroule tous les grands classiques sans concession : khachapuri adjaruli au jaune d’œuf coulant, khinkalis bien juteux, badrijani (aubergines roulées aux noix) et chakapuli aux herbes fraîches. Les portions sont généreuses, franchement généreuses — deux personnes affamées s’en sortent très bien avec trois plats.
Ce qui distingue vraiment Chez Magda, c’est la carte des vins géorgiens : nombreux vins ambrés issus de qvevri, ces jarres en terre cuite enterrées où macèrent les raisins pendant des mois. Une note de 4,6/5 sur Google, et une salle qui se remplit dès 19h30 le week-end. Ouvert du mardi au dimanche de 12h à 23h. Adresse : 115, boulevard Voltaire, 11e.
Colchide (18e) : deux adresses dans le même arrondissement, l’esprit du partage
Colchide a ouvert deux cantines rue des Martyrs et rue des Poissonniers, toutes deux dans le 18e. La philosophie est identique : une carte pensée pour picorer à plusieurs, des tables animées et une atmosphère qui donne envie de rester. On commande des pkhali (galettes de légumes aux noix), des khachapuri fondants, des brochettes grillées et des khinkalis dodus bien assaisonnés.
C’est probablement la meilleure porte d’entrée dans la cuisine géorgienne pour quelqu’un qui n’y a jamais mis les pieds — le format convivial facilite les commandes communes et la découverte sans prise de tête. Les deux adresses affichent 4,5/5. Horaires du lundi au dimanche à partir de 12h, avec service du soir jusqu’à 23h ou minuit selon le jour.
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Cavalier (11e) : bar à vin géorgien ouvert tard, jusqu’à 5h30 le week-end
Rue du Faubourg du Temple, Cavalier est à mi-chemin entre le restaurant et le bar à vins naturels. La cuisine géorgienne y est revisitée dans un esprit festif — on mange bien, on boit mieux, et la soirée dure souvent bien plus longtemps que prévu. C’est le seul de la liste ouvert jusqu’à 5h30 du matin du jeudi au dimanche, ce qui lui confère un profil singulier dans ce petit univers.
La note de 4,7/5 en fait l’adresse la mieux notée de cette sélection. Pour un dîner tardif ou une soirée qui se prolonge autour d’un vin orange, c’est l’option évidente. Fermé le lundi, ouvert à partir de 18h les autres jours. Adresse : 22, rue du Faubourg du Temple, 11e.
Qvevri (19e) et Famille Géorgienne (15e) : 2 cantines authentiques pour découvrir sans se ruiner
Qvevri, rue Petit dans le 19e
L’approche est discrète, presque celle d’une cantine locale géorgienne transplantée dans le nord-est parisien. Les khinkalis vapeur sont très parfumés, les khachapuri beurrés et les plats aux herbes et aux noix souvent faits maison. Moins spectaculaire visuellement que d’autres adresses, mais souvent plus subtil dans les saveurs. Note : 4,6/5. Fermé le lundi, ouvert midi et soir du mardi au dimanche.
Famille Géorgienne, rue Falguière dans le 15e
L’adresse la plus accessible financièrement de la sélection. Prix plus doux que la moyenne, khachapuri généreux, khinkalis faits maison, salades fraîches aux herbes et plats mijotés typiques. Ouverte 7 jours sur 7 de 11h à 23h30 (23h le jeudi). Une bonne solution pour un déjeuner spontané ou un dîner sans réservation. Note : 4,6/5. Adresse : 4, rue Falguière, 15e.
Tbilissi (2e) : les classiques géorgiens en plein centre de Paris
Restaurant Géorgien Tbilissi, rue Saint-Denis dans le 2e, joue la carte de la centralité et de la constance. Khinkalis juteux, khachapuri classiques, grillades et plats traditionnels — rien de surprenant au menu, mais une exécution solide et un rapport qualité-prix honnête. L’ambiance est cosy, les assiettes généreuses.
C’est l’option idéale pour un dîner spontané après une soirée dans le centre, ou pour convaincre un ami sceptique d’essayer la cuisine géorgienne pour la première fois. Ouvert tous les jours de 11h30 à 23h30. Note : 4,5/5. Adresse : 186, rue Saint-Denis, 2e.
Oda (9e) et Tamada (5e) : les 2 adresses pour un dîner plus posé
Oda, rue Laffitte dans le 9e
Oda revisite les classiques géorgiens avec une touche plus actuelle et une attention portée à la présentation : khachapuri plus élégants, entrées travaillées, dressage soigné. L’atmosphère est calme, le cadre propice à un rendez-vous ou un dîner à deux. La note de 4,9/5 — la plus haute de ce guide — témoigne d’une régularité remarquable. Ouvert du lundi au samedi de 12h à 23h, fermé le dimanche. Adresse : 44, rue Laffitte, 9e.
Tamada, boulevard Saint-Michel dans le 5e
C’est l’adresse la plus gastronomique de la sélection. Le menu propose des versions plus délicates des incontournables : khinkalis plus fins, khachapuri revisités, sauces et textures travaillées dans un cadre élégant. Note : 4,4/5. Ouvert du mardi au dimanche midi et soir, fermé le lundi. Adresse : 143, boulevard Saint-Michel, 5e.
Le récapitulatif pratique : quelle adresse choisir selon votre soirée
Sept restaurants, sept profils distincts. Pour choisir sans hésiter :
- Immersion complète avec vins ambrés : Chez Magda, 11e (note 4,6/5)
- Première découverte en groupe : Colchide, 18e (note 4,5/5)
- Soirée qui dure jusqu’au matin : Cavalier, 11e (note 4,7/5, ouvert jusqu’à 5h30)
- Cantine authentique et subtile : Qvevri, 19e (note 4,6/5)
- Petit budget, 7j/7 : Famille Géorgienne, 15e (note 4,6/5)
- Dîner romantique ou rendez-vous : Oda, 9e (note 4,9/5)
- Repas gastronomique : Tamada, 5e (note 4,4/5)
La cuisine géorgienne a ceci de particulier qu’elle est difficile à ne pas aimer : les saveurs sont généreuses, les textures réconfortantes, et le vin orange — macéré en qvevri pendant parfois six mois — finit toujours par surprendre ceux qui l’abordent avec méfiance. Paris a mis du temps à vraiment l’adopter, mais ces sept adresses prouvent que cette époque est révolue.
Oda, avec sa note de 4,9/5 et son approche plus moderne, reste la table à surveiller de près si la cuisine géorgienne continue d’évoluer vers des formats plus élaborés à Paris.
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