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Ferme Kubiak : Comment 5 robots et un biogaz à 50 kWe bâtissent l’exploitation de demain

Ferme Kubiak : Comment 5 robots et un biogaz à 50 kWe bâtissent l’exploitation de demain

En septembre 2025, une nouvelle installation de biogaz ronronne depuis quelques semaines à Sulmów, dans la voïvodie de Łódź. Dehors, rien ne signale de prime abord une ferme hors du commun : des champs, un corps de bâtiment, une étable. Mais à l’intérieur, cinq robots de traite s’occupent en silence de 250 vaches laitières, tandis qu’un générateur de 50 kWe produit l’électricité et la chaleur nécessaires à l’ensemble du domaine — y compris la maison familiale.

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Piotr Kubiak dirige cette exploitation avec son frère Adam et le reste de la famille. Leur candidature au concours Innowacyjny Farmer 2026 — le concours polonais de l’Agriculteur Innovant — a attiré l’attention sur un modèle qui ne s’appuie pas sur une seule technologie phare, mais sur l’articulation de plusieurs systèmes en boucle fermée. La vraie question est de savoir si cette logique d’ensemble peut inspirer d’autres éleveurs en Europe.

Cinq robots de traite et huit automates : comment l’étable de Sulmów fonctionne aujourd’hui

L’exploitation couvre 210 hectares, dont environ 175 ha en propriété propre. Le cœur du dispositif est une étable à logettes libres construite en 2015. À l’origine, la traite se faisait dans une salle classique en épi 2 × 14. Depuis 2022, ce sont cinq robots de traite qui assurent l’ensemble de la collecte du lait, sans horaire imposé aux animaux.

Trois robots supplémentaires évacuent les effluents, et deux racleurs automatiques repoussent l’aliment vers les auges latérales. Au total, huit automates gèrent les tâches les plus répétitives de l’étable. Ce n’est pas pour autant que les salariés ont disparu : leur travail a changé de nature, orienté désormais vers l’observation du troupeau, l’analyse des données et la gestion sanitaire.

« L’investissement doit être réfléchi. Il doit apporter des bénéfices mesurables à l’agriculteur, et aujourd’hui aussi à l’environnement », souligne Piotr Kubiak, exploitant à Sulmów.

La biogaz à 50 kWe : une décision prise dès la conception de l’étable

L’installation de biogaz n’est pas apparue par hasard. Dès la conception de l’étable en 2015, les Kubiak ont prévu les raccordements nécessaires pour alimenter à terme les bâtiments agricoles et le logement familial en énergie produite sur place. La première unité biogazière a été mise en service en 2018. La version actuelle, plus puissante, a démarré en septembre 2025.

Sa puissance nominale est de 50 kWe. En hiver, la chaleur récupérée suffit à chauffer la maison d’habitation et les locaux agricoles. L’électricité excédentaire est injectée dans le réseau public. Depuis le lancement, le rendement global de l’installation dépasse 95 %, selon Piotr Kubiak lui-même.

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Le mode îloté : pourquoi l’indépendance totale au réseau change tout pour une étable robotisée

La caractéristique la plus singulière de cette installation est sa capacité à fonctionner en mode îloté — c’est-à-dire complètement déconnectée du réseau public. Dans une étable où robots de traite, pompes, ventilateurs et systèmes de régulation climatique tournent en continu, une coupure de courant n’est pas une simple gêne : elle peut interrompre la traite, bloquer l’alimentation des animaux et dérégler le microclimat en quelques minutes.

« Nous pouvons couper totalement l’installation du réseau extérieur et produire de l’énergie uniquement pour les besoins de la ferme », explique Kubiak. Cette autonomie énergétique est aujourd’hui l’un des arguments centraux que la famille met en avant pour justifier l’investissement dans la biogazière.

Le digestat retourne aux champs : la boucle qui supprime les engrais phospho-potassiques

La production d’énergie n’est qu’une partie de l’équation. Le digestat — résidu de la fermentation du biogaz — est épandu sur les terres comme fertilisant. Il contient des éléments nutritifs rapidement assimilables par les plantes.

Grâce à cette valorisation, les Kubiak indiquent ne plus avoir besoin d’acheter d’engrais phospho-potassiques. Seul l’azote minéral est encore apporté en complément. La boucle est ainsi presque bouclée :

  1. Les effluents de l’étable alimentent le digesteur.
  2. Le digesteur produit de l’électricité et de la chaleur via le cogénérateur.
  3. Le digestat est épandu sur les parcelles comme engrais organique.
  4. Les cultures produites servent en partie à l’alimentation du troupeau.

« Le digestat est une forme minéralisée de nombreux éléments. Il fournit aux plantes des nutriments rapidement disponibles », précise Piotr Kubiak.

La ferme dans le téléphone : pilotage à distance et rendement laitier à 13 000 litres

La robotisation est couplée à un système de gestion numérique centralisé. Depuis son smartphone, Piotr Kubiak surveille en temps réel les robots de traite, l’épandeur, le pulvérisateur, la moissonneuse-batteuse et la biogaz. Il peut vérifier l’efficacité de chaque équipement et analyser les paramètres de production sans se déplacer.

La performance laitière reflète cette rigueur : la moyenne du troupeau dépasse désormais 13 000 litres de lait par vache et par an. Kubiak insiste cependant sur le fait que ce résultat ne tient pas qu’aux robots — il dépend aussi du travail génétique, de la santé des animaux et de la qualité des fourrages.

Partager le savoir : une salle de formation et des enfants d’école primaire dans l’étable

L’exploitation abrite une salle de formation où se tiennent régulièrement des réunions destinées aux éleveurs, aux zootechniciens et aux vétérinaires. Les thèmes liés à la production de biogaz et à la valorisation de l’énergie y occupent une place croissante. Des groupes scolaires — enfants de maternelle et d’école primaire — visitent également la ferme.

« L’une des façons de promouvoir l’agriculture et l’innovation, c’est de travailler avec les plus jeunes », souligne Piotr Kubiak. Cette dimension pédagogique fait partie intégrante du projet de la famille, au même titre que les robots ou la biogaz.

Prochaine étape : les machines autonomes et l’optimisation continue

Les Kubiak ne considèrent pas leur niveau d’automatisation actuel comme un aboutissement. La prochaine orientation envisagée concerne les machines autonomes de plein champ. Piotr Kubiak compare leur adoption probable à celle du guidage GPS : il y a quelques années, sur des parcelles de taille modeste, l’investissement semblait superflu. Aujourd’hui, il permet de réduire les chevauchements, la consommation de carburant et le temps de travail.

L’énergie propre issue de la biogaz pourrait faciliter le déploiement de nouveaux équipements électriques et l’optimisation progressive de l’ensemble du cycle de production. À Sulmów, l’innovation ne se limite pas à un outil ou à une machine : elle tient à l’intégration de l’élevage, des grandes cultures, de l’énergie et du pilotage numérique en un seul système cohérent.

Le verdict du concours Innowacyjny Farmer sera rendu en novembre, lors des Journées nationales des Défis de l’Agriculture — et avec lui, peut-être, une confirmation que ce modèle mérite d’être regardé de bien plus près.

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