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Galerie de l’Instant : comment Sam Shaw a révélé la vraie Norma Jeane au Marais cet été

Galerie de l’Instant : comment Sam Shaw a révélé la vraie Norma Jeane au Marais cet été

Au 46 rue de Poitou, dans le 3e arrondissement de Paris, une série de photographies occupe les murs blancs de la Galerie de l’Instant depuis le 1er juin. On n’y voit pas la blonde platine de la légende hollywoodienne, ni la robe blanche volant au-dessus d’une bouche de métro. On y voit une femme qui lit, qui rit sans poser, qui s’attarde dans un jardin du Connecticut comme si l’objectif n’existait pas.

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C’est le quatrième portrait que la Galerie de l’Instant consacre à Marilyn Monroe — et, de loin, le plus intime. La question que pose cette exposition est à la fois simple et dérangeante : qui était-elle vraiment, derrière le mythe que l’industrie du cinéma a fabriqué autour d’elle ?

Sam Shaw, l’ami qui photographiait Norma Jeane, pas la star

Tout commence avec une rencontre au début de la carrière de l’actrice. Le photographe Sam Shaw entre dans sa vie non pas comme un prestataire de presse, mais comme un ami. Cette proximité change tout. Là où d’autres obtenaient des poses calculées, Shaw captait des instants de relâchement — des moments où Marilyn Monroe redevenait Norma Jeane, son vrai nom de naissance.

Les clichés exposés couvrent une période allant de 1954 à 1958, des années charnières pendant lesquelles l’actrice tournait, se battait contre Hollywood et construisait aussi sa vie privée. Une partie des images a été prise à Roxbury, dans la maison d’Arthur Miller, son troisième mari, où elle semblait momentanément à l’abri du regard public.

Les coulisses, le quotidien, les portraits intimes : ce que ces photos montrent vraiment

L’exposition réunit trois types de documents photographiques distincts. D’abord les coulisses de tournages, où l’on voit l’actrice entre deux prises, concentrée ou fatiguée. Ensuite des portraits intimes, souvent à la lumière naturelle, sans maquillage de scène apparent. Enfin des scènes du quotidien à Roxbury — une femme dans un environnement domestique, sans artifice, sans promotion à assurer.

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Le résultat est une exposition qui fonctionne presque à rebours de ce que le grand public attend. Moins de glamour, plus de présence. On comprend pourquoi la Galerie de l’Instant résume l’ensemble sous le titre Marilyn. Portrait d’une femme radieuse — l’adjectif renvoie à quelque chose d’intérieur, pas à une luminosité de plateau.

Derrière l’ultra-féminité, une femme qui refusait d’être réduite à un rôle

L’image en robe blanche, la moue, la voix soufflée : Marilyn Monroe a fasciné la planète entière avec ce personnage d’ultra-féminité. Mais cette exposition rappelle, images à l’appui, que c’est précisément cette image dont elle a toujours cherché à se débarrasser. Ses combats, restés trop longtemps dans l’ombre, sont au cœur de la lecture proposée par la galerie.

Parmi les actes concrets que l’exposition met en lumière, trois se distinguent particulièrement :

  • Elle a dénoncé publiquement des hommes problématiques au sein de l’industrie cinématographique, à une époque où cela représentait un risque de carrière considérable.
  • Elle a refusé des rôles qui la réduisaient à une femme-objet, quitte à se mettre en conflit ouvert avec les studios.
  • Elle a fondé sa propre société de production, Marilyn Monroe Productions, pour reprendre le contrôle de ses projets et de son image.

Ces décisions, prises dans les années 1950, font d’elle une figure féministe bien avant que le mot ne s’impose dans le débat public français ou américain.

« Marilyn. Portrait d’une femme radieuse » : ce qu’il faut savoir avant d’y aller

L’exposition est accessible au public jusqu’au 15 septembre 2025, du lundi au dimanche, avec des horaires adaptés selon les jours. Le lundi, la galerie ouvre de 14h à 19h. Du mardi au samedi, elle accueille les visiteurs de 11h à 19h. Le dimanche, les portes ferment à 18h30, avec une ouverture à 14h30.

La Galerie de l’Instant est située au 46 rue de Poitou, dans le 3e arrondissement de Paris, à quelques minutes à pied des stations Arts et Métiers et Filles du Calvaire. Il s’agit du quatrième accrochage consacré à Monroe par cet espace, ce qui lui confère une légitimité particulière sur le sujet — chaque exposition ayant approfondi un angle différent de la vie de l’actrice.

Norma Jeane contre Marilyn : pourquoi cette distinction change tout

Le glissement de nom n’est pas anecdotique. Norma Jeane Mortenson, baptisée Norma Jeane Baker, est devenue Marilyn Monroe par décision des studios — un changement qui symbolise à lui seul la mécanique de fabrication des stars hollywoodiennes des années 1950. Ce que Shaw a photographié entre 1954 et 1958, c’est précisément l’espace de tension entre ces deux identités.

Voir ces images aujourd’hui, dans un lieu aussi concentré que la Galerie de l’Instant, oblige à reconsidérer ce qu’on croit savoir sur l’une des figures les plus reproduites du XXe siècle. La question qui reste ouverte, une fois qu’on a quitté le 46 rue de Poitou, est celle-ci : si Norma Jeane avait eu les outils d’aujourd’hui pour contrôler son image, aurait-on jamais inventé Marilyn Monroe ?

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