Le mont Kaval, au-dessus du village de Rimella, dans la province de Vercelli, a été le théâtre du dernier acte d’une longue bataille. Pendant près de deux mois, les versants boisés de la Valsesia ont brûlé sans relâche, mobilisant des centaines d’intervenants jour et nuit sur des terrains escarpés et souvent inaccessibles aux véhicules terrestres. C’est dans la nuit du 24 au 25 août 2026 que les précipitations tant attendues ont eu raison des dernières braises.
Le 25 août, le président de l’Unione Montana dei Comuni della Valsesia, Francesco Pietrasanta, a officiellement annoncé l’extinction totale de tous les foyers actifs sur le territoire. L’urgence opérationnelle est levée — mais la question du bilan réel, humain et environnemental, reste entière.
Le mont Kaval, dernier verrou d’un été de braises
Le foyer situé sur le mont Kaval, dans la commune de Rimella, était le seul encore actif ces derniers jours. Les équipes au sol l’avaient d’abord contenu grâce aux largages ciblés de l’hélicoptère du service régional de lutte contre les incendies de la Région Piémont. Mais c’est la pluie de la nuit qui a porté le coup de grâce, éteignant définitivement ce qui résistait encore aux interventions mécaniques.
Ce dénouement marque la fin d’une crise qui avait débuté à la fin du mois de juin et s’était étendue sur l’ensemble du massif montagneux de la province de Vercelli. La sécheresse persistante et les températures élevées de l’été 2026 avaient créé des conditions propices à une propagation rapide et difficile à maîtriser.
Près de 2 mois de mobilisation des pompiers et des volontaires AIB
Tout au long de l’urgence, le Corps des sapeurs-pompiers (Vigili del Fuoco) et les équipes de volontaires des brigades AIB — les Aiutanti Incendi Boschivi, pendant italien des défenseurs des forêts — ont opéré en synergie constante sur plusieurs fronts simultanés. Leur priorité absolue : protéger les centres habités et garantir la sécurité des touristes présents dans la vallée en pleine saison estivale.
Selon la communication officielle de Francesco Pietrasanta, président de l’Unione Montana dei Comuni della Valsesia, cet objectif a été atteint. Aucun village n’a été évacué et la fréquentation touristique de la Valsesia n’a pas été interrompue durant l’ensemble des opérations — un résultat qui témoigne de l’efficacité de la coordination mise en place.
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Rimella et Monte Barone : deux théâtres, une même urgence climatique
La Valsesia n’a pas été la seule zone touchée. Le mont Barone, dont l’incendie avait été déclaré éteint le 22 août 2026, avait également mobilisé des moyens importants. Ce site relève d’un autre territoire administratif : l’Unione Montana del Biellese Orientale, qui avait déployé ses propres ressources pour contenir les flammes sur ce versant.
Ces deux crises parallèles ont conduit les deux unions montagnardes à envisager une réponse commune. Selon la déclaration du 25 août, les deux institutions travailleront désormais conjointement à l’élaboration d’un plan d’interventions préventives face aux risques liés aux changements climatiques — une démarche inédite à cette échelle dans la province de Vercelli.
L’estimation des dégâts, prochaine étape décisive
Maintenant que l’urgence opérationnelle est close, l’administration valsésienne va enclencher les procédures institutionnelles prévues pour ce type de catastrophe. Concrètement, cela signifie l’activation des canaux officiels auprès des autorités régionales et nationales pour obtenir des indemnisations et des fonds de reconstruction. L’étendue exacte des surfaces forestières détruites n’a pas encore été communiquée.
Le chiffrage précis des dommages — forêts calcinées, infrastructures rurales, pertes pour les propriétaires fonciers et les exploitants agricoles de montagne — sera au cœur des semaines à venir. Ce travail d’évaluation conditionne directement le montant des ristori, les compensations financières que l’État italien peut allouer aux zones sinistrées après déclaration de l’état de calamité naturelle.
Un plan préventif commun face au risque climatique en Piémont
La coopération annoncée entre l’Unione Montana della Valsesia et l’Unione Montana del Biellese Orientale s’inscrit dans un contexte plus large. Le Piémont est l’une des régions italiennes les plus exposées aux incendies de forêt en période estivale, et les étés successifs ont régulièrement mis à l’épreuve les dispositifs de protection civile existants.
Les mesures préventives envisagées n’ont pas encore été détaillées publiquement, mais elles devraient inclure des actions sur :
- le débroussaillage et l’entretien des coupe-feu sur les zones à risque élevé
- le renforcement des réseaux de surveillance et d’alerte précoce
- la coordination renforcée entre les équipes AIB et les sapeurs-pompiers professionnels
- des protocoles partagés entre les deux unions montagnardes pour les crises transfrontalières
La date de présentation formelle de ce plan conjoint n’a pas encore été fixée par les deux institutions.
Ce que Rimella attend maintenant
Pour les habitants de Rimella et des autres communes de la haute Valsesia, la fin des incendies est un soulagement immédiat. Mais les semaines qui s’ouvrent seront consacrées à l’inventaire des pertes et aux démarches administratives qui conditionneront l’avenir des forêts et des pâturages dévastés.
Francesco Pietrasanta n’a pas précisé de calendrier pour la remise du rapport de dommages aux autorités régionales piémontaises, ni pour la demande formelle de reconnaissance de l’état de calamité — une décision qui appartient en dernier ressort au gouvernement national à Rome.
La forêt brûlée ne revient pas en une saison : ce que les deux unions montagnardes décideront dans les prochains mois déterminera si la Valsesia aborde l’été 2027 avec de meilleures armes contre le feu.
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