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Journée Mondiale de la Photographie : 10 expositions à Paris à voir avant septembre 2026

Journée Mondiale de la Photographie : 10 expositions à Paris à voir avant septembre 2026

Ce 19 août, la journée mondiale de la photographie tombe un mardi — et Paris, comme chaque année, s’impose comme la capitale mondiale du cliché. Des grilles de la Tour Saint-Jacques aux salles feutrées du Jeu de Paume, la ville a transformé son été en une vaste galerie à ciel ouvert et fermé, payante et gratuite, intime et spectaculaire.

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Dix expositions méritent le détour ce mois-ci. Certaines ferment dès le 13 septembre, d’autres tiennent jusqu’en janvier 2027. Voici lesquelles choisir, où aller en premier, et ce que chacune a de véritablement singulier.

Camille Vivier à la MEP : vingt-cinq ans de corps et de subversion

C’est l’exposition-phare de l’été à la Maison Européenne de la Photographie. Camille Vivier convoque près d’une centaine d’œuvres pour retracer un quart de siècle de carrière — un parcours qui flotte en permanence entre l’édito de mode le plus pointu et l’art underground le plus brut.

De cliché en cliché, elle bouscule nos certitudes sur le corps féminin. La chair dialogue avec les objets inanimés, la force s’impose là où on attendait la grâce. Une rétrospective dense, qui ne lâche pas.

Maison Européenne de la Photographie — 5/7, rue de Fourcy, 4e. Jusqu’au 13 septembre 2026.

La photographie en toutes lettres : le bicentenaire fêté comme un abécédaire

Dans la même institution, une deuxième exposition répond à la première. Pour célébrer le bicentenaire de la photographie, la MEP réunit une trentaine d’artistes autour d’un principe simple : raconter la Grande Histoire par de petits récits croisés, des années 20 à nos jours.

Le parcours est pensé comme un abécédaire — entrée libre pour tout le monde, du novice complet à l’adepte du déclencheur. Un des rares événements parisiens capable de parler simultanément à un adolescent et à un collectionneur chevronné.

Maison Européenne de la Photographie — 5/7, rue de Fourcy, 4e. Jusqu’au 13 septembre 2026.

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Fragile Beauté au Jeu de Paume : la collection d’Elton John sort de l’ombre

Plus de 7 000 photographies. C’est ce que Sir Elton John et son mari David Furnish ont accumulé en plusieurs décennies de passion pour ce médium. Le Jeu de Paume, installé dans le jardin des Tuileries, en expose une sélection choisie, organisée en cinq sections thématiques : le désir, la mode, les célébrités, le photojournalisme, la condition humaine.

Aux cimaises, des noms qui suffisent à légitimer le détour — Robert Mapplethorpe, Diane Arbus, Irving Penn, Herbert List. Une traversée de la photographie moderne vue par deux collectionneurs dont le goût, visiblement, ne s’est jamais résumé au glamour.

Jeu de Paume — 1, place de la Concorde, 1er. Jusqu’au 27 septembre 2026.

Lévitation de Mathieu Forget à la Tour Saint-Jacques : 40 clichés pour s’envoler

Sur les grilles de la Tour Saint-Jacques, rue de Rivoli, le photographe Mathieu Forget expose dix ans de travail autour d’une obsession : les corps en suspension. Plus de 40 images, captées aux quatre coins du globe, toutes construites au moment précis où un être humain quitte le sol.

Chaque cadre est composé avec une précision méticuleuse pour créer une harmonie entre le sujet et son environnement. Et l’accès est libre. Une des plus belles surprises de l’été parisien, en plein air, sans file d’attente.

Grilles de la Tour Saint-Jacques — 88, rue de Rivoli, 4e. Jusqu’au 15 septembre 2026. Entrée libre.

Marilyn Monroe à la Galerie de l’Instant : l’intime selon Sam Shaw

Jusqu’au 15 septembre, la Galerie de l’Instant, rue de Poitou, propose un regard rarement vu sur Marilyn Monroe — celui de Sam Shaw, ami proche de l’actrice, qui l’a photographiée entre les tournages, dans ses moments de relâche, loin des postures imposées par les studios.

Des portraits d’une profondeur rare : les coulisses, le quotidien, l’intimité d’une femme souvent réduite à son image publique. Moins icône, plus femme. L’accès est libre.

Galerie de l’Instant — 46, rue de Poitou, 3e. Du 1er juin au 15 septembre 2026. Entrée libre.

Les 5 autres expositions à inscrire dans votre agenda parisien

Le programme ne s’arrête pas là. Voici les rendez-vous qui tiennent jusqu’à l’automne et à l’hiver :

  • Roma, ville lumière — Berges de Seine, 1er. Soixante ans d’histoire cinématographique italienne à travers Rome comme décor et source d’inspiration. Jusqu’au 30 août 2026. Entrée libre.
  • All Inclusive de Kourtney Roy — Citéco, Cité de l’Économie, 17e. La photographe démonte avec humour et couleurs les mythes du tourisme de masse, ses dérives financières et culturelles. Jusqu’au 20 septembre 2026.
  • Paris, ouvert la nuit — Galerie Roger-Viollet, 6, rue de Seine, 6e. Une sélection de photographies pour redécouvrir la capitale à la tombée du jour, des vitrines aux scintillements de la Tour Eiffel. Jusqu’au 3 octobre 2026. Entrée libre.
  • Robert Capa, photographe de guerre — Musée de la Libération Leclerc Moulin, 14e. La vie et la carrière du reporter légendaire, de la guerre d’Espagne au Débarquement en Normandie, en passant par l’Indochine. Jusqu’au 10 décembre 2026.
  • Les Grands âges — Musée de l’Homme, 16e. Une rencontre entre le biodémographe Samuel Pavard, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, et le photographe Nikos Aliagas, pour interroger le vieillissement et la place de la vieillesse dans notre société. Jusqu’au 3 janvier 2027.

Robert Capa et le bicentenaire : pourquoi ce moment compte vraiment

Plusieurs de ces expositions — la MEP, le Musée de la Libération, et dans une certaine mesure le Jeu de Paume — s’inscrivent explicitement dans le bicentenaire de l’invention de la photographie. Ce n’est pas un simple prétexte de programmation. C’est une occasion rare de voir réunies, dans une même ville et au même moment, des œuvres qui couvrent deux siècles d’un médium encore en pleine mutation.

Robert Capa, exposé au Musée de la Libération jusqu’en décembre, incarne à lui seul l’une des tensions fondatrices de la photographie : témoigner du pire pour que le monde regarde. De la guerre d’Espagne au Débarquement du 6 juin 1944 sur les plages normandes, ses images restent parmi les plus puissantes jamais produites sous les bombes.

La journée mondiale du 19 août tombe cette année dans un contexte où plusieurs institutions parisiennes ont choisi de mettre la photographie au centre — non comme décoration, mais comme document et comme art à part entière.

Ceux qui n’auraient le temps que d’une seule visite avant la mi-septembre auraient tout intérêt à coupler les deux expositions de la MEP le même après-midi : deux regards, deux générations, un même bâtiment rue de Fourcy — et les grilles de Mathieu Forget à dix minutes à pied, gratuites, sur le chemin du retour.

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