À Gennevilliers, au croisement de trois quartiers, il y a encore peu de temps un bâtiment vide faisait grise mine : les anciens locaux de la société Orange, laissés à l’abandon, attendaient un souffle nouveau. En 2023, la ville lance un appel à projets pour leur redonner vie. Soukmachines, collectif rompu à ce genre de reconversion urbaine, remporte la mise sans trop de suspense.
Après des mois de travaux et de montage de projet, le lieu ouvre enfin ses portes ce samedi 27 juin sous le nom de Le Gros Lot. Six mille trois cents mètres carrés transformés en friche culturelle et festive, pour une durée de dix ans. La question que tout le monde se pose : qu’est-ce qu’on y trouvera vraiment ?
D’anciens bureaux Orange à une friche de 6 300 m² : comment Soukmachines a gagné le pari
L’appel à projets lancé par la municipalité de Gennevilliers visait un site stratégique, à cheval sur trois quartiers de la ville. Soukmachines, fort de son expérience dans la réhabilitation de friches en espaces hybrides, s’est imposé comme le candidat le plus crédible. Le collectif connaît le terrain : il a déjà mené des opérations similaires en région parisienne, transformant des lieux industriels ou tertiaires abandonnés en QG culturels vivants.
Le résultat porte un nom qui dit tout : Le Gros Lot. Le site accueille désormais près de 100 résidents aux savoir-faire variés — artistes, artisans, créateurs — qui ont investi les anciens open spaces d’Orange avant même l’ouverture au public. Ce week-end marque la première fois que les portes s’ouvrent à tous.
À lire aussi
Le programme de l’été : chaque samedi de 14h à minuit, du 27 juin au 3 octobre
Soukmachines n’a pas prévu une simple inauguration. Tout l’été, Le Gros Lot devient un temple de la fête chaque samedi, de 14h à minuit. Le calendrier est découpé en deux séquences : du 27 juin au 25 juillet, puis une reprise le 29 août jusqu’au 3 octobre. Chaque samedi, le programme mêle ateliers, concerts, DJ sets, performances et restauration.
Pour se nourrir, des food trucks seront présents, mais aussi des barbecues en libre-service — végétariens ou non, selon les convictions de chacun. Le lieu est accessible en métro depuis Paris, ce qui le place à portée de n’importe quel quartier de la capitale en un seul changement.
L’ouverture du 27 juin : le détail du programme entre ateliers d’artistes et mapping immersif
Pour ce premier samedi, l’après-midi s’articule autour des résidents eux-mêmes. Trois ateliers sont proposés par des artistes du lieu :
- Atelier photo et carnets avec Audrey Jean
- Balade croquis dans la ville avec Ludovic Nino
- « Mots en béton » — écriture et sculpture dans une cabane — avec Carolina Cavallero
La soirée monte d’un cran. Gilberte 3000 propose une installation immersive croisant projection mapping et concert. Suivra un concert-mapping intitulé À l’écoute des poissons et autres crevettes bruyantes. Dès 18h, le collectif Microclimat prend le relais avec un « décollage sonore » qui prolonge la nuit jusqu’à minuit.
Gennevilliers, nouveau point de chute culturel du Grand Paris ?
La ville de Gennevilliers n’est pas la première venue en matière de reconversion urbaine, mais un site de cette ampleur — 6 300 m² avec une concession de 10 ans — change d’échelle. Le Gros Lot s’inscrit dans une dynamique plus large de lieux alternatifs qui fleurissent en première couronne parisienne, souvent là où le foncier reste plus accessible qu’intra-muros.
Selon Soukmachines, l’ambition dépasse le simple calendrier estival : il s’agit de faire de ce site un vrai ancrage de quartier, porté par ses résidents permanents autant que par la programmation publique. Le lieu est situé au 15, avenue des Lots Communaux, Gennevilliers (92230).
Ce que Le Gros Lot promet pour les prochains mois
Les samedis de juillet rôderont autour du même format — ateliers l’après-midi, musique le soir — avant la pause d’août, qui laissera les résidents travailler au calme. La reprise du 29 août s’étendra jusqu’au 3 octobre, soit une quinzaine de dates supplémentaires pour tester ce que le lieu peut vraiment devenir.
Ce qui se construira entre juillet et la rentrée — tant sur le plan artistique que dans les usages du bâtiment — dira beaucoup sur la capacité de Gennevilliers à retenir durablement ce type de projet en dehors de Paris.
Votre avis nous aide









La conversation continue
Commentaires