Il y a huit ans, l’Amérique découvrait avec horreur l’affaire Chris Watts : un homme du Colorado qui avait assassiné sa femme enceinte et ses deux petites filles, puis dissimulé leurs corps dans un puits de pétrole appartenant à son employeur. La condamnation avait été sans appel — cinq peines de réclusion à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle. Une affaire classée, pensait-on. Révolue.
Sauf que Chris Watts, aujourd’hui âgé de 41 ans, refait parler de lui — non pas pour un recours juridique, mais pour un projet de mariage. Depuis sa cellule, il aurait déposé une demande officielle auprès de l’administration pénitentiaire américaine pour pouvoir convoler en justes noces. Et il ne manque pas de prétendantes.
Cinq perpétuités et des lettres d’amour : le paradoxe Chris Watts
Le 13 août 2018, Shanann Watts — enceinte de leur troisième enfant — et leurs deux filles, Bella (4 ans) et Celeste (3 ans), disparaissaient du domicile familial à Frederick, dans le Colorado. Chris Watts s’était présenté devant les caméras pour implorer le retour de sa famille. Quatre jours plus tard, il avouait les avoir tuées de ses propres mains.
En novembre 2018, il plaidait coupable pour éviter la peine de mort et écopait de cinq peines de réclusion à perpétuité sans possibilité de remise de peine. Il purge actuellement sa peine dans un établissement de sécurité maximale du Wisconsin. Pourtant, cela n’a pas empêché certaines femmes de lui envoyer des lettres, des colis, et même des déclarations d’amour — un phénomène que les psychologues criminels américains désignent parfois sous le terme de hybristophilie.
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Une demande officielle de mariage déposée en prison
Selon des informations relayées par plusieurs médias américains spécialisés dans les affaires criminelles, Watts ne se contente plus de recevoir du courrier. Il aurait officiellement entamé une relation sentimentale avec une femme et soumis une demande formelle à l’administration pénitentiaire du Wisconsin pour obtenir l’autorisation de se marier derrière les barreaux.
Aux États-Unis, le droit au mariage pour les détenus — y compris ceux condamnés à perpétuité — est protégé depuis l’arrêt de la Cour suprême Turner v. Safley de 1987. Les établissements peuvent en encadrer les modalités, mais ne peuvent pas l’interdire de manière absolue. La demande de Watts suit donc un chemin légal, même si son aboutissement dépend de la direction de la prison.
Pourquoi des femmes écrivent à des condamnés pour meurtre multiple
Le cas Watts n’est pas isolé. Des tueurs en série comme Ted Bundy ou Charles Manson avaient eux aussi reçu des sacs entiers de courrier de femmes éperdues d’admiration durant leur incarcération. Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs évoquent plusieurs mécanismes psychologiques :
- La certitude de savoir où se trouve le partenaire — une forme de contrôle rassurant pour certaines personnes.
- L’idée romantisée de « sauver » ou de « réformer » un homme présenté comme dangereux.
- La surexposition médiatique de ces affaires, qui transforme le criminel en une sorte de célébrité malgré lui.
- Un sentiment d’invulnérabilité lié à la distance physique imposée par les barreaux.
Le docteur Scott Bonn, criminologue à l’université Drew dans le New Jersey et ancien conseiller du FBI, a qualifié ce phénomène d' »attraction tragique » dans ses travaux sur la psychologie des crimes médiatisés, soulignant que les réseaux sociaux ont considérablement amplifié le phénomène depuis 2010.
La famille de Shanann Watts réagit depuis le Nebraska
Les parents de Shanann Watts — Frank et Sandra Rzucek — vivent toujours avec le poids de cette tragédie. Depuis le Nebraska, ils se sont régulièrement exprimés publiquement pour que la mémoire de leur fille et de leurs petites-filles ne soit pas éclipsée par la fascination collective pour leur meurtrier. À chaque résurgence médiatique autour de Watts, leur douleur est ravivée.
Aucune déclaration officielle de leur part n’a été publiée à ce stade concernant la demande de mariage. Leurs avocats n’ont pas non plus commenté l’information dans l’immédiat.
Ce que l’administration pénitentiaire du Wisconsin peut décider
La décision finale appartient au Wisconsin Department of Corrections, qui examine ce type de demande au cas par cas. Les critères pris en compte incluent notamment le comportement du détenu depuis son incarcération, la nature des crimes commis, et la sécurité générale de l’établissement.
Chris Watts purge ses peines depuis près de 7 ans. Aucune date d’audience ni aucun délai de réponse officiel n’ont été communiqués par l’administration. La demande reste, pour l’heure, en cours d’examen — et aucune des deux parties n’a confirmé publiquement l’identité de la femme concernée.
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